Accueil
Actualité
La compagnie
Biographies
Spectacles
Ateliers artistiques
Contacts
Revue de presse
Odyssée, dernier chant - création 2007

Odyssée, dernier chant de Jean-Pierre Siméon

 

 ©Régis Nardoux

Mise en scène : Pascale Siméon

Interprétation : Xavier Guittet, Patricia Jeanneau, Alain Payen

Création musique : Alain Bruel

Scénographie : Hervé Chantepie et Viviane Rabaud

Création lumière : Julia Grand

Costumes : Nathalie Charbaut

 

Note d’intention

 

La langue limpide de Jean-Pierre Siméon n’a pas besoin d’exégèse. Elle est directe, vigoureuse. Si la forme peut faire peur à certains, qu’ils fassent confiance au rythme du verbe et à la chair de l’acteur ! Car cette parole est faite pour être incarnée. Plus on la goûte, plus elle prend son ampleur et son sens. Comment la dire ? Sans prétention et sans détour : elle est à mâcher à pleine bouche, alors toute sa saveur et sa sensualité se révèlent. Surtout ne pas penser que l’auteur est poète ! Cela ne veut rien dire, car le propre même de la grande écriture n’est pas de mettre le lecteur en adoration respectueuse mais de l’émouvoir à bras le corps. Le poème n’est pas une forme, c’est la vie elle-même. Chaque mot prononcé doit l’être avec un plaisir sensuel. Que l’acteur ose l’irrespect en s’imprégnant de la matière et le rythme musical des mots et ainsi le texte se fera tour à tour vague mugissante, cascade éplorée et « murmure des fontaines ».

                                                                                                                                                                                                        Pascale Siméon

 

La pièce

 

Quelques années sont passées depuis le retour d'Ulysse à Ithaque. Il a repris le pouvoir politique de son pays, et le temps des questions est venu. Pour savoir et comprendre ce monde plus étranger à lui que celui des guerres et de l'action, Ulysse reprend son voyage et se rend aux Enfers. Il vient consulter Tirésias pour connaître l’avenir d’Ithaque, mais aussi pour savoir si Pénélope le trompe. Par malheur, il a bu l’eau de l’Achéron, le fleuve des morts, et le froid de la mort s’empare de lui. Il rencontre une jeune femme, une ombre, lien mystérieux entre les deux mondes : celui des vivants et des morts. Avec la complicité d’Euméos, le douanier des âmes, elle aidera et guidera Ulysse dans sa quête.

 

©Régis Nardoux

 

Réapprendre le « murmure des fontaines… »

 

Jean-Pierre Siméon, dans la grande tradition théâtrale, s’empare d’un héros mythique pour raconter une histoire d’aujourd’hui. Ulysse, tout le monde le sait, est l’homme du cheval de Troie, le grand vainqueur d’une guerre sans merci mais aussi le chef puni par les dieux qui a subi tant d’épreuves. Il a suffisamment souffert pour mériter son retour et la paix intérieure, le bonheur peut-être ? De retour d’un enfer, dix ans de guerre - dix ans d’errance, le voici qui se précipite vers un autre enfer, celui du Dieu Hadès. Il n’a pas peur, après avoir affronté tant de dangers, de  descendre dans ce lieu. Seule la quête de son avenir le trouble, l'obsède dans cet endroit interdit aux mortels.

 

©Régis Nardoux

Arrivé à la maturité après une vie trépidante, pourquoi ne peut-il rester paisible ? Pendant vingt ans, son esprit était occupé par l’urgence de la survie, pas question d’entendre autre chose que le chaos des armes, de prendre plaisir aux beautés de ce monde, tant que l’excitation d’accéder à la victoire le  faisait vivre. À présent c’est autre chose. Le temps s’est arrêté. Il n’est pas si facile de se réhabituer "aux murmures des fontaines". Le fracas des armes résonne encore à son oreille et la violence des champs de bataille a épuisé sa capacité à retourner à la ritualité des jours qui ont un lendemain. L’angoisse s’empare d’Ulysse qui ne comprend plus le jeu du pouvoir. Et puis il y a Pénélope… qui n’aime pas cet Ulysse mais celui qu’elle a connu il y a vingt ans, celui qui n’avait pas encore tué de ses propres mains. Que faire, que devenir ? Alors homme politique perdu dans la tourmente du pouvoir, il s’adresse aux devins dans l’espoir qu’une réponse existe.

©Régis Nardoux

Qu’est-ce qu’il vient faire ici ?

                Le chœur

Comme tous les autres

Comme tous ceux des vivants

Qui ont peur de leur vie

Seulement parler aux morts

©Régis Nardoux

Quelle est cette tragédie que vit Ulysse ? Celle de tout homme qui, en pleine possession de ses moyens et de sa « gloire », s’arrête pour regarder et comprendre. Le monde d’Ulysse est le nôtre, empli de guerre et de désarroi. Les puissants dans les palais jouent au jeu dangereux de la séduction. C'est le temps des promesses et des trahisons pour se hisser toujours plus haut sous prétexte de s’occuper d’un peuple dont ils ne connaissent pas le visage, " cette autre guerre invisible et lâche ".

Comment réagir ? Comment se sauver de ce désespoir qui grignote chaque minute notre plaisir de vivre, comme l’eau de l’Achéron empoisonne lentement Ulysse ? En prenant conscience de notre mort, en acceptant de faire ce voyage initiatique du désespoir total qui peut permettre au bord du gouffre de sentir le bonheur de vivre.

©Régis Nardoux

                Ulysse

Mais je marche je vis je respire

                Le choeur

Voilà c’est ça tu as compris

Un pas un souffle : la vie

Ramenée à son rythme essentiel

Tout le reste n’est qu’ornements

Verroterie et colifichets de la putain 

 

©Régis Nardoux

Il suffit de renoncer à l’ambition et à la réussite pour accéder à la beauté, réapprendre que "la vie n'est que ça douceur sans cause", ce sentiment impalpable, le mystère de l’humain : savoir être un homme tout simplement.

 

Que dire de plus ? Rien.

 

 

 

Représentations 2007-2008

Création le 23 janvier 2007 au Théâtre d’Aurillac / Saison culturelle

25 janvier 2007 au Théâtre du Puy en Velay

Du 13 au 17 mars 2007 à la Cour des Trois Coquins à Clermont-Ferrand

Du 09 au 11 mai 2007 au Théâtre National Populaire de Villeurbanne

Du 03 au 05 avril à la Cour des Trois Coquins à Clermont-Ferrand

Du 08 au 11 avril à la Cour des Trois Coquins à Clermont-Ferrand

 

 

© 2017 Cécile Breuil