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George Dandin - création 2009

George Dandin de Molière

 

                    

Mise en scène : Pascale Siméon

Interprétation : Emmanuel Chanal, Marielle Coubaillon, Pierre-Marius Court, Anne Gaydier,  Xavier Guittet, Mylène Bonnet, Alain Payen, Thomas Vazeille

Musique : Alain Bruel

Scénographie : Hervé Chantepie

Costumes : Julie Maison

Lumières : Rosemonde Arrambourg

Régie générale : Swan Chelle

 

L’histoire

 

George Dandin, paysan fortuné, s’est marié avec Angélique, jeune fille noble désargentée. Ce mariage, arrangé entre les parents de la demoiselle et le marié, n’est pas heureux. Angélique rêve de liberté, d’amour et d’une vie de cour et de plaisirs. George Dandin veut une femme raisonnable qui lui donnera une belle descendance… et donc fidèle ! La pièce commence quand George Dandin soupçonne sa femme de le tromper. Il s’ensuivra un chassé croisé entre Angélique et George dandin pendant lequel le mari cherchera à faire prendre sa femme en flagrant délit d’infidélité par les parents de celle-ci. La valse des mensonges et des pièges sera orchestrée par les valets, complices et perturbateurs de l’action.

 

           

 

Note d’intention

 

Après dix années passées à me pencher sur des écritures contemporaines, il fallait que Molière vienne croiser ma route de metteur en scène. Que je m’attaque à « mes fondamentaux »… Sans doute l’intérêt toujours vif des spectateurs pour nos maîtres est un détonateur ; et m’interroge sur ma position de passeur, mission première du metteur en scène. Il s’agit bien ici de transmission, de faire découvrir ou redécouvrir une œuvre de l’auteur de théâtre le plus significatif du théâtre français dans l’imaginaire collectif. J’ai choisi George Dandin comme une évidence, parce que je l’avais travaillée avec des jeunes et que je me suis plu à m’interroger sur la pérennité de la pièce.

 

George Dandin : comédie tragique ou tragédie burlesque ? Inspirée de La Jalousie du barbouillé, la pièce George Dandin oscille entre la farce et le drame. Il n’y a pas de pièce de Molière où l’homme n’est confronté à ses errances, ses petitesses, ses noirceurs. Comme toutes les œuvres majeures, les comédies de Molière se repaissent des médiocrités individuelles. L’acte artistique trouve sa raison d’être dans cette investigation-là : interroger l’humain et la société dans leur complexité et leur douleur.

 

        

 

 

Les metteurs en scène du XXème ont fait éclater les genres. Les codes du drame, de la comédie, de la tragédie ont été bouleversés. Ils ont voulu nous dévoiler au-delà de la force satyrique des anciens, la violence de leur propos. La comédie perdait ses lettres de noblesse si les mises en scènes ne servaient pas de révélateurs, et pour cela il fallait que le public pénètre la cruauté des comédies, prenne conscience de l’étude acérée des mœurs et des caractères, chaque metteur en scène arguant de ses commentaires, libérant les œuvres classiques d’une interprétation unique pour les projeter dans le kaléidoscope de leurs propres interprétations, en dramatisant et en explicitant la noirceur des situations.

 

                                              

                            

 

C’est sans doute ce qui nous met en bouche aujourd’hui, nous pousse à chercher autour de ce matériau qui ainsi paraît inusable et hors du temps. Mais ne peut-on voir aussi une forme de moralisme dans ce siècle qui se voulait si libéré, ou d’orgueil sur notre lecture moderne de l’œuvre ? Notre lucidité sur les dernières paroles de Dandin : « je n'y vois plus de remède, lorsqu'on a comme moi épousé une méchante femme, le meilleur parti qu'on puisse prendre, c'est de s'aller jeter dans l'eau la tête la première », et donc son suicide potentiel devrait nous mettre en garde sur notre attitude. Peut-on juger un homme qui est manipulé comme une marionnette ? Et surtout rire de lui ?

George Dandin fit scandale à sa création. Ainsi s’exprime Jean-Jacques Rousseau « Quel est le plus criminel d’un paysan assez fou pour épouser une demoiselle ou d’une femme qui cherche à déshonorer son époux ? Que penser d’une pièce où le parterre applaudit à l’infidélité, au mensonge, à l’impudence de celle-ci et rit de la bêtise du manant puni ».

 

                            

 

Les propos de Jean-Jacques Rousseau laissent bien apparaître la modernité de cette pièce : il n’y a pas de héros. Si notre sympathie va naturellement  vers Angélique car elle revendique justement sa liberté, la valse infernale qu’elle orchestre en sachant pertinemment qu’elle va broyer Dandin nous laisse un sentiment de malaise. Le rire est féroce. Il n’y aura pas d’échappatoire pour George Dandin. Dès son apparition, il est présenté comme un homme seul. Il n’a pas de complices, il n’est pas aidé par un de ces valets qui servent sans discuter les ordres de leur maître que se soit par affection ou âpreté au gain. Il devra seul faire face à la duplicité de sa femme. Il est fautif et il en convient. Si lui-même se reconnaît coupable, pourquoi chercherions-nous à l’excuser ? Il est victime de ses choix et c’est ainsi qu’il n’est pas un héros tragique mais bien notre contemporain. Aucun dieu ne s’est joué de lui. Il s’est mal marié et mal lui en prendra. Pourtant, le mari n’est pas le premier coupable et les Sotenville, stigmatisés par leur nom, devraient être les premiers punis. Molière nous livre un constat. Contrairement à ses autres pièces, l’amour n’est pas au rendez-vous, Angélique a été mariée contre son gré, certes, mais sans grande lutte apparente, et elle n’a délaissé aucun amoureux. Clitandre est un opportuniste derrière lequel se profile l’ombre de Dom Juan. Angélique, quand à elle, semble plus proche de Célimène que de Marianne, ou Agnès. Son combat est plus profond, elle refuse de se résigner, et nous voyons dans sa grande scène face à Dandin (Acte II Scène 2) se dessiner les héroïnes du XIXème siècle.

C’est cette magnifique complexité que j’ai choisi de mettre en scène.

                                         

 

 

                                                                                         

                                                                                                                                Crédit photo Régis Nardoux

 

Avec le soutien de l'ADAMI (aide à la création et à la diffusion), du Conseil Général du Puy-de-Dôme (aide à la création) et du Conseil Général du Cantal (aide à la création).

 

 

Représentations 2010

Le 11 février 2010 au Centre Culturel Le Bief à Ambert (63)

Le 11 mars 2010 au Théâtre L'Heure Bleue à La Chaux-de-Fonds (Suisse)

Le 1er avril 2010 à la 2Deuche à Lempdes (63)

Les 29 et 30 avril 2010 nà la Cour des Trois Coquins à Clermont-Ferrand (63)

 

 

Représentations 2009

Création du 4 au 13 janvier 2009 à la salle polyvalente de Pierrefort (15)

15 et 16 janvier 2009 au Théâtre d’Aurillac (15)

22 et 23 janvier 2009 au Théâtre du Puy en Velay (43)

03 et 04 janvier 2009 au Sémaphore à Cébazat (63)

27 février 2009 à la Salle Animatis à Issoire (63)

21 mars 2009 à la Salle communale de Junhac (15)

Du 25 au 29 mars 2009 à la Cour des Trois Coquins à Clermont-Ferrand (63)

© 2017 Cécile Breuil